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Charline, l'art comme une seconde nature.

« J’aime fonctionner en autodidacte et parfois m’engager sur des territoires que l’on aborde peu.
C’est par là que l’imagination trouve tout son sens. »


Charline, inconnue voilà deux ans, tu étais, cette année, parmi les artistes invités du festival les Imaginales à Epinal.

Comment est-ce arrivé ?
Après que j'en ai discuté avec Stéphanie Nicot sur un précédent festival, elle m’a proposé d’y participer et cela m’a vraiment fait plaisir. Les Imaginales sont un festival que j’apprécie beaucoup et qui fleurit chaque année. Mais ma participation de cette année, c'est aussi grâce au président de l’Association Art&Fact dont je fais partie et qui a trouvé bon de me faire participer à la réalisation de la fresque auprès de Pascal Yung, Krystal Camprubi, Yoz et B.

Comment aborde-t-on ce type de performance ?
En buvant beaucoup de café ! Mais en premier lieu, il faut se mettre d’accord avec les autres intervenants de la fresque sur les éléments qui vont la composer. Chacun d’entre nous avait une partie à travailler, et il fallait parvenir à faire les liaisons entre chacune, tant au niveau du crayonné que des couleurs pour avoir, au bout du compte, un travail harmonieux. On s’est donc mis d’accord sur le paysage de fond, les différents plans de la fresque tout en conservant nos libertés respectives au niveau des personnages et des poses et de quelques détails.

Quelle est ta meilleure anecdote des Imaginales 2008 ?
Quelques fous rires collectifs durant le repas du samedi soir au restaurant…mais je ne peux en dire plus…disons qu’on était tous tombé dans la quatrième dimension ce soir là !

Est-ce important d'être sur les salons et festivals ?
Oui, je pense. C'est l'occasion de partager son univers avec d'autres, de leur offrir un petit bout de soi. C'est également la possibilité de discuter avec des écrivains et des illustrateurs, voir l’avancement de leur travail, retrouver des connaissances. Bref, des moments de convivialité et de chaleur humaine.

Lesquels fréquentes-tu ?
En général ce sont les festivals liés à l’imaginaire, féeriques et fantastiques.

Comment définis-tu ton métier. Peintre, dessinatrice, illustratrice ?
Illustratrice. Mais dans ce mot, on retrouve également peintre, dessinatrice. Tout dépend de la technique utilisée au moment où l’on crée.

Quel est ton parcours de formation ?
J’ai toujours adoré dessiner, et c’est auprès de mon professeur de lycée que j’ai pu aborder vraiment diverses techniques artistiques. C’était un personnage incroyable qui nous faisait travailler à un rythme effrayant, mais finalement, on pouvait aborder différentes techniques sans crainte. En parallèle, j’expérimentais chez moi divers supports, et commençais à développer ma « cuisine personnelle ». On apprenait également l’art par la théorie et l’histoire des grands peintres. Cela s’est poursuivi par la fréquentation d’une fac d’art dans le Nord-Pas-de-Calais. Ce qui m’a appris à être curieuse et à expérimenter des outils que l’on n’abordait pas. Le crayon de couleur, par exemple, qui est extrêmement intéressant mais peu exploité de nos jours dans le domaine de l’illustration.
J’aime fonctionner en autodidacte et parfois m’engager sur des territoires que l’on aborde peu.
C’est par là que l’imagination trouve tout son sens me semble-t-il.

Comment t'est venue l'envie de dessiner professionnellement ?
Depuis toute petite, j’ai toujours eu besoin d’avoir un crayon en main. Je crois que c'était simplement un besoin naturel qui est devenu de plus en plus fort et qui s’est réveillé. Et grâce à quelques amis qui n’ont pas oublié de me rappeler que ce besoin me faisait de grands signes !

Quel autre métier aurait pu te plaire ?
Restauratrice de tableaux anciens ou archéologue.

Quelles sont les techniques qui ont ta préférence ?
J’aime énormément travailler l’aquarelle. Selon le degré où elle est travaillée, on peut obtenir des couleurs douces, fortes, des dégradés et des effets étonnants. Depuis que je l’utilise, cette technique n’en finit pas de m’intriguer et de me passionner. Cela ne m’empêche pas de crayonner ou d’utiliser la gouache ou l’acrylique de temps à autres car j’aime le contact avec les outils, le papier et la toile.

Qui sont les artistes que tu admires parmi les anciens ?
Je ne peux qu’écrire une liste très résumée dans le panel des artistes que j’admire, il y en a tellement ! En fait, ce qui me touche vraiment c’est la sensibilité de certains, et leur manière particulière de nous accrocher à leur monde sans même y avoir songé.
Parmi les plus anciens, Arthur Rackam, et son tracé élégant et japonisant, les mouvements incroyables qu’il donne à ses personnages. Il n’y a qu’à voir ses illustrations concernant l’œuvre de Wagner, également le grand artiste Le Caravage et la puissance de ses œuvres, ses thèmes et ses clairs-obscurs.

Et les contemporains ?
Pour les plus contemporains, je pourrais citer Brian Froud, Alan Lee, Patrick Woodroffe et ses créatures fantastiques, ses couleurs osées et l’océan de détails microscopiques qu’il plante dans ses œuvres, également Yoshitaka Amano, ainsi que Kinuko Y.Craft.

Où puises-tu ton inspiration ?
C’est difficile à dire, l’inspiration peut venir en contemplant un coin de nature, un brin d’herbe…un entrelacement de branchages…
Elle peut surgir à un moment quelconque, au moment où l’on ne s’y attend pas.
Tout ce que je peux dire, c’est que c’est en étant dans la nature ou simplement devant ma feuille blanche entourée de mes petits personnages féeriques que je me sens le mieux pour créer

Comment envisages-tu ta carrière aujourd'hui ?
Tout ce qui m’importe aujourd’hui, c’est de me sentir bien dans ce que je fais.
Dessiner, illustrer, c’est essayer de s’accomplir ; si à partir de là, on procure aussi du plaisir aux autres par nos créations et qu’ils s’y retrouvent, se sentent touchés, alors c’est très bien… Il y a différentes étapes dans une carrière, aussi, je verrai au fur et à mesure.

Comment es-tu arrivée chez Colexia ?
Après avoir discuté avec Eric et Michel Borderie sur divers salons.

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
J’ai un projet personnel qui me tient à cœur depuis longtemps et qui se travaille chaque jour. J’en ai présenté certaines illustrations lors de l’exposition aux Imaginales et sur d’autres festivals mais il nécessite encore un peu de travail. L’écho que j’en reçois du public est très positif et m’encourage vraiment.
D'autre part, je mène des projets avec le conteur Tortequesne. Après avoir achevé notre projet de contes féériques que nous sommes en train de présenter à des éditeurs, j’entame aujourd’hui la réalisation des illustrations de son journal féérique qui est vraiment touchant et surprenant.

Et pour plus tard ?
Un projet pour un jeu de Tarot et la réalisation d’illustrations pour un album de musique. Et aussi quelques couvertures d’ouvrages...